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Lettre d’Information de l’AMPO – Novembre 2011

Chers amis de l’AMPO, chers parrains et marraines de nos orphelins,

Je vous adresse un chaleureux bonjour d’Afrique !

Actuellement, le calme est revenu ici, au Burkina Faso. Après un mois d’avril si difficile au niveau politique, nous avons eu un été relativement calme. Nous allons bientôt avoir des élections communales. Nous espérons que le calme va durer et que nos enfants pourront continuer à aller tranquillement à l’école.

Nous avons pu accueillir 14 nouveaux dans nos orphelinats, même si certains n’ont pas encore de parrains et marraines en Allemagne. Cette fois-ci nous avons beaucoup de filles. Nous attendons toujours quelques mois, avant de les prendre en charge. Nous avons été obligés de trouver une solution particulière pour la jeune Patricia, âgée de sept ans : elle était profondément malheureuse chez nous, parce que sa petite sœur – qu’elle avait toujours portée sur son dos – et son petit frère lui manquaient tellement, qu’elle pleurait en permanence et qu’elle avait le mal du pays. Elle est retournée chez elle, chez sa grand-mère, les autres membres de la famille ayant disparu. Nous payons les repas pour tous et ses frais de scolarité. Lorsqu’ils sont malades, ils viennent bien sûr dans notre dispensaire. Nous nous chargeons aussi de les habiller. Nous ferons un nouvel essai l’année prochaine.

Tous les autres se sont bien habitués. Je le vois toujours à leur attitude : au début, ils se déplacent doucement, alors qu’une semaine plus tard ils traversent la cour en sautillant. A ce moment-là, nous savons que çà va aller, qu’ils se sentent bien chez nous ! Tous sont examinés par le médecin et ont un entretien avec nos psychologues, puis on les habille de neuf. Cette année, il y a un uniforme pour ceux qui vont dans notre école, pour qu’il n’y ait pas de différence !

Dans les orphelinats, tout se passe bien grâce à Mathias Zoré, notre pédagogue, et à Christine Adamou, notre psychologue. On n’y a pratiquement plus besoin de moi, à part pour jouer avec les enfants le week-end. Je fais la lecture aux petits, un grand plaisir pour moi, car le français est une langue étrangère pour tout le monde, et pour moi aussi – puis pipi et en pyjama ! Rien que les noms nous font déjà nous tordre de rire !

Avec les grands, j’ai de vives discussions, sans fin, sur des thèmes tels que la morale ou la responsabilité. Tous sont très intéressés et viennent parfois en laissant tomber une autre activité, comme l’entraînement au football. C’est beau non ?

Les Centres MIA et ALMA peuvent fêter leurs succès, en ayant réussi à réintégrer dans leurs familles 15 jeunes filles sur les 20, qui avaient été bannies de chez elles suivant la tradition d’ici. C’est un travail difficile, qui demande beaucoup de patience et de doigté et ce, pendant des mois ! Le plus important dans ce cas c’est le respect, la politesse et le savoir-vivre à l’égard des chefs de clans et des pères de famille. C’est ce que nous pratiquons tous les jours (même si parfois j’enrage…. le tout étant de ne pas le faire remarquer ! ) Nous avons toujours à l’esprit le bien-être de tous nos enfants, c’est notre principe premier.

Le respect est aussi le principe de base de notre nouvelle ferme intergénérationnelle Emma Yiri, qui sera pleine de vie à partir du mois de décembre et inaugurée officiellement mi-janvier 2012, espérons-le par notre nouvel ambassadeur d’Allemagne, qui vient de prendre ses fonctions.

Je suis sur le chantier un jour sur deux et nous avançons bien. Par contre, les coûts de construction ont énormément augmenté. Le ciment, le bois et surtout le fer coûtent maintenant le double de ce qui était prévu à l’époque où nous avons signé le devis. Nous sommes très économes, mais les coûts nous dépassent ! Au secours !

Je suis confiante, cette sympathique réalisation sera un grand succès, d’autant plus que le Directeur Ceverin Ouedraogo, qui a une grande expérience, a déjà choisi toutes les jeunes filles et les vieilles dames dans de nombreux villages, à la plus grande satisfaction de l’équipe de Direction. La Secrétaire de notre Bureau de Plön, Ricarda Dittrich, vient de nous rendre visite avec son mari et eux aussi étaient d’accord, à l’issue de leur visite, pour dire que Emma Yiri sera une réalisation extraordinaire ! Nous attendons l’arrivée ce week-end de deux femmes potiers venant d’Italie. Ce sont elles qui financeront l’atelier de poterie et le four. Elles vont rencontrer notre propre potier pour faire un état des lieux.

Il y a toujours quelque-chose à faire et nous sommes réquisitionnés de toutes parts ! Nous allons bientôt installer un champ d’agaves dans notre ferme d’apprentissage. C’est une plante d’avenir et je serai bientôt là aussi une spécialiste !

Nous travaillons de mieux en mieux avec nos fournisseurs, pour les produits de la boutique de l’AMPO. Ce sont presque tous des anciens de l’AMPO, qui ont depuis leur propre atelier. Tout ce que vous achetez, permet d’aider leur petite famille. Ici à Ouagadougou, ce n’est pas si simple d’avoir des commandes, et donc produire pour la boutique de l’AMPO, les aide de manière tout à fait extraordinaire. Soyez gentils de regarder notre nouveau catalogue ou de visiter notre site www.sahel.de.

Et maintenant le plus important ! C’est déjà devenu une tradition de recevoir chaque année tous les enfants ou les jeunes qui ont obtenu leur BEPC ou leur baccalauréat, en les invitant chez moi pour un repas de poulet, avec tous leurs éducateurs qui ont aussi leur part dans tout cela. L’année dernière, nous n’avions pas pu le faire, je ne sais plus pour quelle raison, et tous réclament maintenant à tue-tête leur poulet ! Mais étant donné que cela représente 25 enfants, plus leurs éducateurs, ma petite maison ne suffit plus. Nous organisons donc ce repas dans le restaurant de l’AMPO, aujourd’hui à 19 heures.

Chers parrains et marraines, il aurait été formidable, que vous puissiez passer et féliciter votre filleul de son succès !

Puisque cela n’est pas si simple, je saluerai tous les enfants de votre part et nous lèverons notre verre de bissap (jus de fleurs d’hibiscus) en votre honneur. Soyez remerciés pour vos bonnes actions, qui ont abouti à un tel succès.

Je vais me rendre encore une fois en Europe cette année, pour un voyage d’une dizaine de jours au Danemark pour des conférences. Mon livre est paru en danois et, grâce à de vieux amis, une Association AMPO a même été créée au Danemark ! J’aurai ainsi l’occasion, malheureusement pour quelques heures seulement, d’embrasser mes deux petits enfants. Ensuite je resterai ici, pour Noël, avant que les voyages ne redémarrent en 2012 : des conférences sont prévues en Espagne, en Autriche, en Allemagne et – vraisemblablement – aussi aux Etats-Unis. Katrin à New-York !

Eh oui, qui l’aurait crû, le jour où, en Allemagne, j’ai largué les amarres, pour construire un petit orphelinat et vivre au calme et en paix !

Au lieu de cela, je suis devenue une voyageuse qui fait le tour du monde, une ambassadrice pour les enfants d’Afrique et une combattante acharnée pour l’égalité des chances.

J’aime être tout cela ! Mais ce que je préfère, c’est être assise au calme à la ferme, regarder les enfants jouer et écouter les arbres pousser …

Tous les enfants de l’AMPO vous saluent et vous remercient, en vous souhaitant une bonne préparation de Noël, de bons moments en famille, santé et bonheur !

Katrin Rohde de Ouagadougou


Lettre d’Information de l’AMPO – Juillet 2011

Chers amis de nos enfants d’Afrique occidentale,

Lettre d’Information de l’AMPO – Juillet 2011

J’espère que vous allez tous bien et que vous profitez en famille d’un bel été en Europe, en vous libérant un peu de vos soucis quotidiens!

Ici à l’AMPO, nous sommes en train de préparer notre départ en colonie de vacances à la campagne, prévu pour le 15 juillet, pour une quinzaine de jours. Nous avons déjà fait des cartons avec des frisbees, des jeux de Monopoly, de boules et de Scrabble, des centaines de savons, de médicaments et de livres, et plein de sparadraps!

Les cartons des différentes cuisines ne peuvent être faits qu’à la dernière minute, car nous avons encore besoin de nos énormes marmites pour la soupe de tous les jours. Nous avons en outre fait des provisions de gombo séché et de sacs de riz, car ces produits sont plus chers en province qu’en ville. Le coût de la vie a augmenté de plus de 30% au Burkina Faso, ce qui explique aussi l’insatisfaction générale, qui s’exprime dans de nombreuses manifestations, pour le moment sans incidents.

Cette fois-ci nous emmenons tous les enfants des Orphelinats, plus ceux des Centres MIA et ALMA et les enfants partiellement handicapés du Centre de Rééducation, qui n’ont pas de foyer. Tous les éducateurs, qui travaillent sur l’ensemble des projets, viennent avec nous, ce qui implique au total des bus et des hébergements pour 280 personnes, petits et grands!

Heureusement, nous nous contentons de peu, comme toujours, et nous louons une école vide, dont les salles de classe nous servent d’hébergement. C’est une bonne chose que nous n’ayons pas de lits, sinon les enfants auraient du mal à revenir à de simples nattes! Ils sont déjà tous très excités et ils bricolent des cannes à pêche et des cordes à sauter. Les grands aident les petits comme toujours. Pour leur faire une surprise le jour du départ, je vais acheter 40 tambours aux enfants, car ils auront le temps de s’exercer. Tous les enfants qui ont terminé leurs cours (pratiquement déjà de jeunes adultes) viennent aider à la colonie.

Ces derniers mois, les enfants étaient très énervés, car, du fait des évènements, ils n’ont pas pu aller en classe pendant pratiquement 6 semaines. Des coups de feu ont été tirés sur le chemin de l’école. La peur n’aide pas vraiment à la concentration! A l’AMPO, nous avons pu continuer le programme grâce aux cours de rattrapage quotidiens de nos professeurs, et cette mesure nous a beaucoup aidé : nous avons depuis hier les résultats du CEP (au bout de 6 ans d’école) et les 8 enfants de l’AMPO ont tous réussi. Nous attendons maintenant les résultats du BEPC et du baccalauréat. Cela se présente bien, nous sommes très contents des enfants qui nous remercient, ainsi que vous tous, par leurs bons résultats.

Nous nous réjouissons déjà d’accueillir les petits nouveaux. Leur sélection est effectuée par une équipe de psychologues et d’éducateurs, ce qui représente un gros travail, car nous ne sommes pas crédules et allons vérifier sur place toutes les informations, en rendant visite à tous les candidats chez eux. Nous ne prenons que les plus pauvres de ces enfants. Simultanément démarre à l’AMPO l’organisation de l’aide pour les frais de scolarité des externes, ce qui représente chaque année environ 20000 euros. C’est un énorme don de la Société Jako-O, qui permet à 500 élèves du primaire et à 200 lycéens d’aller en classe. Nous aidons ici ceux qui ont déjà de bons résultats, car nous voulons que notre pays se développe. Les paresseux n’ont aucune chance! Entre-temps, nous avons numérisé l’ensemble des noms et des résultats, et oui la technique avance ici. Evidemment ce serait mieux, si nous avions le courant nécessaire tous les jours, car nous continuons à avoir parfois des pannes de courant de 4 à 6 heures par jour.

C’est l’année des transformations dans les bâtiments de l’AMPO. L’Atelier pour les Handicapés déménage, l’Atelier de Couture déménage et s’agrandit, la cuisine des enfants intègre les locaux de l’Atelier de Couture et puis il y a le nouveau Salon de Coiffure pour la formation de nos jeunes filles, un souhait que nous avions depuis longtemps et qui se réalise. La cuisine du restaurant va être agrandie, ce qui est vraiment urgent, car nos apprentis se télescopent. Avez-vous déjà fait la cuisine dans un local de 3 m sur 3, pour une salle de 60 couverts, tout en préparant une réception à l’ambassade pour 300 personnes ? Le tout avec une température extérieure de 45°et aux fourneaux ? Je vous le dis, la logistique africaine est celle de l’extrême et cà marche! Mais dorénavant ce sera plus simple!

Les premiers bâtiments de notre nouveau projet intergénérationnel « Emma Yiri » sont terminés. A l’issue de notre troisième tentative de forage, nous avons trouvé de la bonne eau, à 48 m de profondeur, Dieu merci et inch’Allah! Tout en dépendait, et je suis restée en tremblant, trois jours entiers à côté du point de forage … tout a bien marché! Maintenant nous attendons les premières grosses pluies, puis la construction de l’école et du bureau commencera en août. Le mur d’enceinte est déjà, en partie, bien multicolore, il sera vraisemblablement achevé en octobre. Entre-temps, je me serai encore rendue deux fois en Europe, pour des conférences au Portugal et au Danemark.

Entre-temps, la nouvelle est officielle : Katrin Rohde est une  » fellow Ashoka  » reconnue par Washington, après un examen intensif (pendant des jours!). Vous pouvez peut-être vous connecter sur Google, je me trouve dans cette éminente association avec 2000 autres acteurs de changement, venant de 70 pays différents. Je rentre juste d’une conférence de 4 jours à Paris, à laquelle j’avais été invitée. Le travail y a été extrêmement intensif et je n’ai pensé à rien d’autre qu’à présenter l’Afrique. Mes nombreuses idées passent bien, ce qui est assez rare. Sur la photo, vous voyez notre groupe de travail dédié à l’Afrique, à l’issue d’une session de deux heures. Ce sont des personnes aux idées les plus formidables, avec entre autres à droite un belge de Tanzanie et du Mozambique, qui élève des rats pour détecter les mines antipersonnel, une ougandaise qui protège les gorilles tout en procurant à la population, qui les mange, d’autres moyens de subsistance et, au centre, Bill Drayton, le fondateur de Ashoka, un monsieur d’un certain âge, d’un grand charisme extrêmement professionnel et qui prend plaisir à travailler.

Les entrepreneurs sociaux Ashoka prennent en main les problèmes des autres et développent des modèles pratiques : une jeune fille de 16 ans se voit annoncer qu’elle est atteinte d’un cancer et elle fonde un réseau international « girls for girls », qui deux années plus tard compte déjà 45000 adhérentes, leur permettant ainsi d’échanger sur leurs problèmes et de trouver des solutions. Un vieux paysan turc cultive 8 hectares de blé biologique et constitue un lobby, qui au bout de 4 ans regroupe 50 000 paysans, qui pratiquent l’agriculture biologique en Turquie. Cet homme est analphabète et ne parle que le turc. J’ai moi-même recu un prix pour l’idée et la réalisation de notre Ferme TT, qui donne une chance à des jeunes dans les campagnes, en évitant l’exode rural, en réagissant au phénomène des enfants des rues et en permettant de créer des centaines de fermes biologiques avec des jeunes paysans, dont les voisins vont, à leur tour, reprendre ces idées à leur compte. J’en suis cependant au tout début et je sais qu’il me reste encore beaucoup de travail. Nous créons à présent un émetteur Ashoka pour toute l’Afrique. Je suis très motivée et je constate avec reconnaissance qu’au bout de 20 ans, nombreux sont ceux de nos orphelins qui sont devenus de jeunes hommes qui montrent la voie à suivre, et ce sont précisément ceux avec lesquels nous aurons un véritable avenir.

Je crois que nous pouvons encore travailler sur le modèle que nous avons adopté jusqu’ici, pour une Afrique meilleure! Evidemment, ensemble avec vous tous, n’est-ce pas captivant?

Mais d’abord nous partons en colonie de vacances, super! Grâce à votre aide, nous allons bien nous reposer, flemmarder, chanter et jouer pour commencer l’année avec des forces nouvelles.

Très cordialement et tous nos vœux.
Katrin Rohde de Ouagadougou


Lettre d’Information de l’AMPO – Avril 2011

Quelques nouvelles du Burkina Faso

Chers amis de l’AMPO, chers donateurs au profit de nos enfants du Burkina Faso,

J’espère que vous allez tous bien.

Nous connaissons une période d’incertitude ici en Afrique Occidentale, et une fois de plus je me rends compte à quel point vos pensées positives sont d’un grand soutien pour nous !

Pendant quatre nuits, le couvre-feu a été instauré et n’a été levé qu’hier. Nous avons entendu beaucoup de coups de feu de pistolets, de fusils et de mortiers. C’est très inquiétant, parce que les nuits ici sont calmes.

Il y a quelques semaines, à la suite d’un incident, les étudiants se sont révoltés à Koudougou, les commissariats, les bâtiments de la justice ont été détruits. D’autres villes ont suivi le mouvement. Ces manifestations montrent clairement le degré d’insatisfaction des étudiants pour ce qui est de leurs conditions de vie. Les militaires les ont rejoints. Les écoles ont été fermées pour quatre semaines. Les frais de scolarité augmentent tous les ans, les militaires sont mal payés et mal considérés, le coût de la vie augmente de façon incroyable ici. Les banques et les stations-service ont fermé. Comment dois-je faire pour payer les salaires ?

Nous avons connu quelques « semaines chaudes », au sens littéral du terme, car les températures ont simultanément grimpé à 48°, ce qui est très dur pour tous les habitants de ce pays, on manque très vite de patience et on s’énerve facilement.

A cela s’ajoutent les soulèvements en Lybie, en Syrie et dans de nombreux autres pays, et, le plus grave pour nous, en Côte d’Ivoire. Plus de trois millions de personnes du Burkina Faso habitent en Côte d’Ivoire, chacun ici ou presque y a des parents ou des proches. Ce sont nos voisins directs, et des centaines de personnes ont dû tout quitter là-bas, en raison de la guerre civile, la plus terrible de toutes les guerres. Le Burkina Faso est le pays le plus paisible de tous les pays du monde, l’acceptation et la véritable tolérance font partie des fondements de notre vie quotidienne.
Pour la première fois, le Président a reçu, pendant des jours toutes les autorités, de la justice aux militaires et aux dignitaires religieux, ce qui a calmé la situation. Dans les églises et les mosquées, à la radio et à la télévision, on prie ensemble pour la paix, et c’est pour cela que j’aime mon formidable vieux Burkina !

Le couvre-feu a été levé hier. Je me suis rendue le soir en ville : tout le monde était déchaîné ! Tous fêtaient la nouvelle liberté acquise. Maintenant, nous allons voir la suite des évènements. Nous regardons avec beaucoup d’attention ce qui se passe en Côte d’Ivoire, et nous souhaitons et prions pour que les combats cessent enfin et que ce pays retrouve aussi le calme.

Voilà pour la situation. A l’AMPO, la vie suit son cours, notre seule concession a été de fermer toutes les écoles, de décaler les cours de rattrapage du soir en journée, et de ne plus laisser les enfants dormir dehors dans la cour, ce qu’ils aiment faire en cas de fortes chaleurs, mais c’était trop dangereux avec les balles qui volaient dans tous les sens. Malgré leurs bougonnements et leurs protestations, ils ont dû déménager toutes leurs nattes sous notre manguier. L’école doit reprendre aujourd’hui. Nous avons mis à profit ce temps et nous avons continué le programme tous les jours avec les enfants de l’AMPO. Nous sommes bien préparés, mais qu’en est-il des autres…. ?

Avant ces évènements, je suis partie dix jours en Espagne, où j’ai fait une série de conférences dans la province d’Alicante. Nous avons des amis là-bas, qui avaient bien préparé ce voyage et je suis heureuse de vous informer que notre projet pour les enfants souffrant de malnutrition est assuré pour l’année prochaine. C’est une chance, car 2400 bébés et enfants en bas âge ont dû faire l’expérience de la survie, l’année dernière. Mes sincères remerciements à l’Espagne !

Nous venons de recevoir un nouveau container, qui contenait, outre les gros cartons de vêtements de la Société Bonita, des outils, des chevilles, des brassières tricotées pour bébés, des appareils de sport, des machines à coudre et du matériel de bureau. La Tchéquie et l’Allemagne nous ont envoyé d’importantes quantités de lunettes, de jouets et cahiers pour les enfants.
Une gentille donatrice nous a envoyé 200 gilets de sécurité et DEKRA d’innombrables réflecteurs et casquettes, de sorte que nos enfants peuvent maintenant se rendre à l’école en étant bien protégés. Dans cette ville de deux millions d’habitants, où il n’y a aucun feu rouge pour les piétons, pratiquement tous doivent traverser une route à quatre voies pour rejoindre leur école, ce qui réclame beaucoup de patience et d’attention, même pour des adultes. Nous avons reçu en outre un tout nouvel équipement pour les kinésithérapeutes du Centre de Rééducation.

Roc a pensé qu’il n’y avait encore rien de tel au Burkina, des bancs d’étirement et autres appareils techniques, même au grand hôpital. Merci beaucoup ! Une partie ira à l’hôpital des enfants. Cette fois-ci nous avons eu suffisamment de monde pour déballer le container, car les enfants n’avaient pas classe. Une fois de plus nous tenons à remercier tous ceux qui emballent les paquets, tous les parrains et autres donateurs pour leur gentillesse !

Par chance, j’ai pu pratiquement achever le célèbre mur de notre nouvelle ferme intergénérationnelle « Emma Yiri », avant mon voyage, mon mari ayant assuré le suivi de la construction avec sa fiabilité habituelle. Les élèves de la ferme Tondtenga ont déjà planté 80 arbres pour leurs petites sœurs, un travail énorme au vu de la dureté du sol.
Ces arbres sont arrosés deux fois par jour par notre gentille voisine âgée, aidée par notre âne Uschi qui tire le réservoir d’eau. Tous les arbres sont protégés individuellement, sinon ils auraient déjà été dévorés depuis longtemps par les chèvres en liberté !

Maintenant, nous allons attaquer en fin de semaine la peinture du mur, dans les différentes couleurs choisies par vous, nos donateurs. Cela va être intéressant ! Les couleurs simples telles que rouge, rose, jaune, bleu, orange, blanc, noir, turquoise, mauve, bordeaux, terracotta et vert olive, vert clair, vert menthe etc. sont faites avec les enfants. Ensuite, ce sera plus difficile pour les souhaits particuliers, tels « noir-rouge-doré » (il n’y a pas de doré au Burkina Faso) ou vert néon (pas de couleur néon ici).

Et pour l’amour du ciel, comment dois-je exprimer en trois langues, l’allemand, l’anglais et le moré, l’expression « Femmes pour la Paix » sur trois mètres de haut ? Mais nous y arriverons ! Nous règlerons tous ces problèmes à l’africaine. Je m’en réjouis à l’avance, on va bien s’amuser ! Hier après-midi, j’ai visité les Centres MIA et ALMA. A ma grande satisfaction, tout est calme et tout va bien. Je suis allée à l’Ecole de Formation Agricole ce matin. Il y a 18 petits cochons, quatre petits veaux marron et blancs, et un petit poulain noir nommé Fofo (dans la langue des Peuls, cela signifie fulfulde, « bienvenue »).

Nous sommes donc entourés d’espérance. Gardez espoir avec nous, restez à nos côtés, nous vous remercions de tout cœur.

Katrin Rohde de Ouagadougou
Chères donatrices, chers donateurs, chers amis de Sahel e.V. et de l’AMPO, Comme vous pouvez le constater dans la lettre de Katrin Rohde, tout se passe bien à l’AMPO, malgré la difficulté de la situation au Burkina Faso.

Le bureau a terminé le bilan annuel 2010. Pour ceux que cela intéresse, les rapports annuels des différentes institutions de l’AMPO sont traduits et disponibles dès maintenant, ainsi que le rapport d’activité de Sahel e.V., sur notre site www.sahel.de. Vous y trouvez aussi le programme du voyage que Katrin Rohde va effectuer en Allemagne en mai 2011, ainsi que celui des conférences. Vous pourrez peut-être vous arranger pour participer à l’une ou l’autre de ces manifestations avec Katrin Rohde, ce serait une grande joie pour nous ! Enfin, une dernière chose : depuis quelque temps, nous sommes inscrits sur le portail internet « Bildungsspender » (donateurs pour l’éducation et la formation).
Vous avez là la possibilité de nous soutenir, de façon très simple, lors de vos achats sur internet. Si vous voulez, vous pouvez vous connecter
au site http://www.bildungsspender.de/ampo. Nous restons toujours à votre disposition pour toutes questions et suggestions.

En vous souhaitant un printemps ensoleillé et en vous remerciant pour votre engagement, nous vous adressons nos sincères salutations.
Ricarda Dittrich et Sabine Duwe du Bureau de Plön